Une nouvelle section SNJ à l’Huma
Les élections professionnelles approchent à l’Humanité : elles auront lieu le 15 décembre prochain. Implanté depuis l’été dans l’entreprise qui édite le quotidien et deux hebdomadaires (l’Huma dimanche et la Terre), le SNJ présentera des candidats au CE et en DP.
Après avoir largement contribué à son amélioration, sur la forme et sur le fond, la section syndicale a décidé, le 15 novembre, de ratifier le protocole d’accord préélectoral. Le SNJ de l’Huma se félicite, en particulier, de l’intégration dans le corps électoral d’une cinquantaine de journalistes pigistes qui, jusqu’à maintenant, étaient tenus à l’écart des élections professionnelles.
Sur la base d’une convergence avec les sections CGT des employés à l’Huma, le SNJ engrange une victoire assez symbolique : la section a réussi à faire reculer la direction qui voulait réduire au plancher légal le nombre d’élus dans les institutions représentatives du personnel, alors même que les effectifs avaient augmenté du fait de l’intégration de nombreux pigistes dans les effectifs.
« Minimum syndical à l’Huma ? Pas d’accord ! », ont écrit, début novembre, les militants du SNJ dans un tract qui a fait bouger les lignes. Tout au long de cette négociation, la section de l’Huma a cherché à faire la démonstration des pratiques syndicales qu’elle entend encore développer par la suite : information et consultation des personnels ; débat sur les grandes orientations de développement des journaux ; défense des droits de tous les journalistes, pigistes compris ; refus de la division entre les catégories et entre les salariés de l’entreprise…
Après les élections, le SNJ aura du pain sur la planche. Le journal fondé par Jean Jaurès en 1904 est, hélas, dans une situation économique toujours très délicate : pas adossé à un grand groupe industriel, avec ses faibles ressources publicitaires et les baisses annoncées des aides publiques à la presse, il ne peut guère compter que sur le généreux attachement de ses lecteurs pour « recapitaliser » le titre par souscription, et sur l’expérience de ses journalistes, de tout son personnel, pour espérer inventer un projet de développement. Mais depuis la liquidation judiciaire, en juin dernier, de la filiale sous-traitante chargée de la prospection des abonnés, l’inquiétude des salariés du quotidien, de l’Huma dimanche et de la Terre est très vive, car les ventes des titres reposent à 70-75% sur les abonnements. « Cette situation nous met gravement en danger, indiquait le SNJ dans son dernier tract. Nous sommes prêts à des efforts pour faire les meilleurs journaux possibles, mais nous voulons aussi qu’ils soient vendus pour être lus ! »